Crimes et infractions

Les droits des victimes d'actes criminels

Être victime d’un acte criminel bouleverse une vie. Au Québec, les personnes victimes ne sont pas laissées seules : elles bénéficient d’une reconnaissance, du droit à l’information, d’un régime public d’indemnisation (l’IVAC) et de centres d’aide (les CAVAC). Voici ce qu’il faut savoir sur ces droits et sur la place de la victime dans le processus.

À jour le 6 juillet 2026Lecture : 8 minRévisé par notre comité juridique

Longtemps, la personne victime d’un crime a été la grande oubliée du système de justice pénale, centré sur l’accusé et sur la sanction. Cette vision a évolué. Aujourd’hui, le droit québécois et canadien reconnaît que les victimes doivent être informées, traitées avec dignité et soutenues, tant sur le plan humain que financier. Pour situer l’ensemble de ces protections, le portail officiel Aide aux victimes d’actes criminels du gouvernement du Québec constitue un point de départ fiable. Cette fiche explique la reconnaissance des victimes, leurs droits, les services d’indemnisation et d’aide disponibles, ainsi que leur rôle dans le processus criminel.

La reconnaissance de la victime

La première étape est de reconnaître qu’une personne a subi un préjudice. De façon générale, est considérée comme victime la personne qui a subi une atteinte à son intégrité physique ou psychologique, ou à ses biens, à la suite d’une infraction. Dans plusieurs situations, cette reconnaissance peut s’étendre à d’autres personnes :

  • les proches de la victime, qui peuvent eux aussi souffrir des conséquences du crime ;
  • les personnes à charge, notamment lorsque la victime directe est décédée ;
  • les témoins d’un événement traumatisant, selon les circonstances.

Reconnaître la victime, c’est admettre que le crime ne blesse pas seulement une personne, mais parfois toute une famille. Cette reconnaissance ouvre la porte à des droits et à des services adaptés.

Bon à savoir

On peut être victime même sans blessure physique. Le préjudice psychologique – stress, peur, traumatisme – est pris au sérieux et peut donner accès à de l’aide et, dans certains cas, à une indemnisation.

Les grands droits des victimes

Plusieurs droits fondamentaux visent à replacer la personne victime au cœur des préoccupations du système de justice. Parmi les plus importants :

  • le droit à l’information : être renseignée sur ses recours, sur les services offerts et, souvent, sur le déroulement de son dossier ;
  • le droit d’être traitée avec courtoisie, équité et respect, dans le respect de sa dignité et de sa vie privée ;
  • le droit à la protection, lorsque la sécurité de la victime est en jeu ;
  • le droit de participer, notamment en exprimant les conséquences de l’infraction ;
  • le droit à des services d’aide adaptés à sa situation.

Ces droits ne transforment pas la victime en partie au procès, mais ils lui donnent une place et une voix. Ils s’accompagnent de mécanismes concrets d’aide et d’indemnisation détaillés plus loin.

L’indemnisation : le régime de l’IVAC

Le Québec dispose d’un régime public d’indemnisation des victimes d’actes criminels, communément appelé IVAC. Ce régime peut offrir un soutien lorsqu’une personne a été victime d’une infraction visée par la loi. Selon les cas et les conditions applicables, il peut donner accès à :

  • un soutien financier, sous forme de prestations, dans certaines situations ;
  • des services de soins et de réadaptation physique ;
  • de l’aide psychologique et un accompagnement psychosocial ;
  • diverses mesures visant à favoriser le rétablissement de la personne victime.

L’admissibilité, les conditions et les délais varient selon la nature de l’infraction et la situation de chaque personne. Il est donc essentiel de vérifier sa situation particulière plutôt que de présumer d’un résultat. Une demande doit généralement être présentée à l’organisme responsable du régime, et un accompagnement peut faciliter cette démarche.

À retenir

L’IVAC est un régime d’indemnisation : il peut verser des prestations et payer des services. Il se distingue de la poursuite criminelle et des recours civils que la victime pourrait envisager par ailleurs.

L’aide et l’accompagnement : les CAVAC

À côté de l’indemnisation, les personnes victimes peuvent compter sur les centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). Présents dans plusieurs régions du Québec, ces centres offrent gratuitement des services d’aide, que la personne ait porté plainte ou non, et qu’une demande d’indemnisation soit faite ou non. Leurs services comprennent souvent :

  • de l’information sur les droits, les recours et le fonctionnement du système de justice ;
  • un soutien psychosocial pour la personne victime et ses proches ;
  • de l’accompagnement dans les démarches, y compris devant les tribunaux ;
  • une orientation vers d’autres ressources spécialisées au besoin.

Les CAVAC jouent un rôle de premier plan pour aider les victimes à comprendre le processus et à ne pas s’y sentir perdues. Pour trouver d’autres ressources et organismes, consultez notre page Trouver de l’aide.

Besoin de la victimeIVACCAVAC
Indemnisation financièreOui, selon les conditionsNon (organisme d’aide)
Paiement de soins et servicesOui, selon les casNon, mais oriente vers les ressources
Information sur les droitsOui, pour le régimeOui, de façon générale
Soutien psychosocial gratuitPeut financer des servicesOui, directement
Accompagnement dans les démarchesLimité au régimeOui, large

La place de la victime dans le processus criminel

Un point souvent mal compris mérite d’être clarifié : dans un procès criminel, ce n’est pas la victime qui poursuit l’accusé. La poursuite oppose l’État (représenté par le poursuivant) à la personne accusée. La victime n’est donc pas, en principe, une partie au procès. Cela ne veut pas dire qu’elle est absente. Elle peut notamment :

  • être informée des grandes étapes de son dossier, dans bien des cas ;
  • témoigner, si sa version des faits est nécessaire au procès ;
  • présenter une déclaration décrivant les conséquences physiques, psychologiques et matérielles de l’infraction, souvent au moment de la détermination de la peine ;
  • bénéficier de mesures de protection lors de son témoignage, dans certaines situations.

Comprendre cette architecture aide à mieux vivre le processus. Pour savoir comment réagir dans les premières heures d’une affaire criminelle, voyez notre fiche Arrestation : que faire ?, et pour une vue d’ensemble, notre thème Crimes et infractions.

Au-delà du criminel : les recours civils

Le processus criminel vise à établir la culpabilité et à imposer une peine. Il ne remplace pas nécessairement les démarches qu’une personne pourrait entreprendre pour obtenir réparation de ses pertes. Selon la situation, une victime peut envisager un recours civil distinct contre l’auteur des faits, afin de réclamer des dommages-intérêts. Ces démarches obéissent à leurs propres règles et délais et sont indépendantes de l’issue du procès criminel.

Comme ces recours peuvent être complexes et se chevaucher, il est prudent de s’informer sur ses options. Un CAVAC peut orienter la personne, et l’accompagnement d’un avocat est souvent utile pour évaluer les meilleures avenues.

Questions fréquentes

Qui est considéré comme une victime d’acte criminel au Québec ?+

Est généralement considérée comme victime la personne qui subit une atteinte à son intégrité ou à ses biens à la suite d’une infraction. Selon les cas, des proches ou des personnes à charge peuvent aussi être reconnus, notamment lorsque la victime directe est décédée.

Qu’est-ce que l’IVAC et que fait ce régime ?+

L’IVAC est le régime public d’indemnisation des victimes d’actes criminels. Il peut offrir un soutien financier et des services (soins, réadaptation, aide psychologique) aux personnes victimes admissibles, selon les conditions prévues par la loi.

Quelle est la différence entre l’IVAC et un CAVAC ?+

L’IVAC est le régime d’indemnisation qui peut verser des prestations et payer des services. Les CAVAC sont des centres d’aide qui offrent gratuitement information, accompagnement et soutien psychosocial aux personnes victimes et à leurs proches, qu’une demande d’indemnisation soit faite ou non.

Dois-je porter plainte à la police pour recevoir de l’aide ?+

Vous pouvez consulter un CAVAC même sans avoir porté plainte. Pour certaines démarches, comme l’indemnisation, des conditions peuvent s’appliquer. Il est prudent de vérifier votre situation auprès des organismes compétents.

Quelle est la place de la victime dans un procès criminel ?+

Le procès criminel oppose l’État à l’accusé, et non la victime à l’accusé. La victime n’est pas une partie au procès, mais elle dispose de droits, comme être informée, être traitée avec respect et, dans bien des cas, présenter une déclaration décrivant les conséquences de l’infraction.

Sources

  1. Aide aux victimes d’actes criminels – gouvernement du Québec (quebec.ca).
  2. Régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).
  3. Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC).
  4. Code criminel du Canada et règles applicables aux victimes dans le processus pénal.

Cette fiche fournit de l’information juridique générale à jour au 6 juillet 2026. Elle ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation est unique : pour des conseils adaptés, consultez un avocat ou un organisme compétent.

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