Testaments et successions
Le testament au Québec
Le testament est l’acte par lequel vous décidez de ce qui arrivera à vos biens après votre décès. Au Québec, la loi reconnaît trois formes de testament, et faire un testament reste le seul moyen sûr d’éviter que ce soit la loi – et non vous – qui choisisse vos héritiers.
Sur cette page
Beaucoup de gens repoussent la rédaction de leur testament, par malaise ou parce qu’ils croient qu’il « n’y a rien à léguer ». Pourtant, un testament clair épargne bien des complications à vos proches et évite les mauvaises surprises. Au Québec, la transmission des biens au décès est encadrée par le Code civil du Québec. En l’absence de testament, c’est la loi qui décide de tout. Pour un survol officiel et fiable, vous pouvez consulter le site de la Chambre des notaires du Québec ou celui du ministère de la Justice du Québec.
Qu’est-ce qu’un testament ?
Un testament est un document par lequel une personne, appelée le testateur, exprime ses dernières volontés quant au partage de ses biens et à d’autres décisions importantes (comme la désignation d’un liquidateur ou d’un tuteur pour ses enfants mineurs). Le testament ne prend effet qu’au décès du testateur, et celui-ci peut le modifier autant de fois qu’il le souhaite de son vivant.
Pour faire un testament valide, il faut être apte, c’est-à-dire comprendre la nature et la portée de l’acte. Un testament peut léguer des biens à des personnes, à des organismes de bienfaisance, ou prévoir des legs particuliers (un bien précis à une personne précise). Le testateur reste toutefois libre de disposer de ses biens : au Québec, il n’existe pas de « réserve héréditaire » obligatoire comme dans certains autres pays, sous réserve de certaines obligations, notamment alimentaires.
Les trois formes de testament
Le Code civil du Québec reconnaît trois formes de testament. Elles ont toutes la même valeur juridique lorsqu’elles sont valides, mais elles se distinguent par la manière dont on les rédige et par ce qui doit se passer au décès.
- Le testament notarié : il est reçu par un notaire, en présence d’un témoin, puis signé et conservé par le notaire. Il est inscrit au registre des testaments. Grand avantage : il ne nécessite pas de vérification au décès, car sa validité est déjà assurée par le notaire.
- Le testament olographe : il est entièrement écrit à la main et signé par le testateur lui-même, sans témoin ni notaire. Simple et gratuit, mais il doit être vérifié après le décès.
- Le testament devant témoins : il est signé par le testateur devant deux témoins majeurs, qui le signent aussi. Il peut être écrit à la main, dactylographié ou rédigé par un autre. Il doit lui aussi être vérifié au décès.
La vérification est la procédure par laquelle un tribunal ou un notaire confirme, après le décès, qu’un testament olographe ou devant témoins est bien celui du défunt et respecte les exigences de la loi. Elle prend du temps et entraîne des frais – c’est l’un des avantages du testament notarié, qui en est dispensé.
| Forme | Comment elle est faite | Avantages | Vérification au décès |
|---|---|---|---|
| Notarié | Reçu par un notaire, devant un témoin | Sécurité, conseils, conservation, inscrit au registre | Non requise |
| Olographe | Écrit et signé à la main par le testateur | Gratuit, simple, confidentiel | Requise |
| Devant témoins | Signé par le testateur devant 2 témoins | Peut être dactylographié, sans notaire | Requise |
Le testament notarié en détail
Le testament notarié est souvent recommandé parce qu’il offre le plus de sécurité. Le notaire s’assure que vos volontés sont claires, conformes à la loi et bien exprimées. Il conserve l’original et l’inscrit au registre des testaments et mandats de la Chambre des notaires, ce qui facilite grandement le repérage du testament au décès. Comme sa validité est établie dès sa signature, il ne fait pas l’objet d’une vérification, ce qui accélère le règlement de la succession.
Son coût, plus élevé qu’un testament fait soi-même, s’accompagne d’un accompagnement professionnel qui prévient bien des erreurs. Pour désigner qui prendra soin de vous en cas d’inaptitude de votre vivant, pensez aussi au mandat de protection, un document distinct du testament.
Testament olographe et testament devant témoins
Le testament olographe ne coûte rien : il suffit de l’écrire entièrement à la main et de le signer. Attention toutefois : un testament rédigé sans aide comporte souvent des ambiguïtés ou des oublis (par exemple, ne pas prévoir ce qui arrive si un héritier décède avant vous), ce qui peut provoquer des conflits.
Le testament devant témoins peut être dactylographié ou préparé à l’aide d’un formulaire, puis signé devant deux témoins majeurs qui n’ont pas d’intérêt dans le testament. Ces deux formes doivent être vérifiées au décès, une étape qui ajoute des délais et des frais avant que le liquidateur puisse agir pleinement.
Modifier ou révoquer son testament
Un testament n’est jamais définitif du vivant du testateur. On peut le révoquer ou le modifier en tout temps, à condition d’être apte. Deux moyens principaux existent :
- rédiger un nouveau testament, qui révoque généralement le précédent (il est recommandé de l’indiquer clairement) ;
- rédiger un codicille, c’est-à-dire un ajout ou une modification à un testament existant, fait dans l’une des formes reconnues.
Certains événements de vie peuvent aussi affecter un testament. Par exemple, au Québec, le divorce ou la dissolution d’une union civile rend en principe caducs les legs faits à l’ex-conjoint, sauf indication contraire. Il est donc prudent de revoir son testament après un changement important (mariage, séparation, naissance, décès d’un proche).
Après une séparation ou un divorce, revoyez votre planification. Consultez nos fiches Les conjoints de fait et Succession sans testament pour comprendre l’effet de votre situation familiale sur votre succession.
Sans testament : la dévolution légale
Si vous décédez sans testament, vos biens ne vont pas à l’État en premier lieu : c’est la dévolution légale prévue au Code civil du Québec qui détermine vos héritiers, selon des règles précises fondées sur les liens familiaux. En résumé, la part de la succession se répartit entre le conjoint marié ou uni civilement et les proches parents (enfants, parents, frères et sœurs), dans des proportions fixées par la loi.
Le point le plus important à retenir : un conjoint de fait n’hérite pas selon la loi. Peu importe le nombre d’années de vie commune, s’il n’est pas nommé dans un testament, il ne reçoit rien de la succession. C’est pourquoi le testament est essentiel pour les couples non mariés. Pour le détail des règles, consultez notre fiche Succession sans testament.
| Situation | Avec testament | Sans testament (dévolution légale) |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou uni civilement | Reçoit ce que le testament prévoit | Hérite d’une part fixée par la loi (aux côtés des enfants ou des parents) |
| Conjoint de fait | Reçoit ce que le testament prévoit | N’hérite pas (aucune part légale) |
| Enfants | Reçoivent ce que le testament prévoit | Héritent d’une part fixée par la loi |
| Organisme de bienfaisance / ami | Peut recevoir un legs | Ne reçoit rien |
| Choix du liquidateur | Désigné par le testateur | Choisi par les héritiers (à défaut, tous liquidateurs) |
Le liquidateur : qui exécute le testament ?
Le testament désigne habituellement un liquidateur (autrefois appelé « exécuteur testamentaire »). C’est la personne chargée d’exécuter les volontés du défunt : faire l’inventaire des biens, payer les dettes et les impôts, puis remettre ce qui reste aux héritiers. Si le testament ne nomme personne, ou en l’absence de testament, ce sont les héritiers qui désignent le liquidateur. Notre fiche Régler une succession explique chaque étape de son travail.
Questions fréquentes
Quelles sont les trois formes de testament au Québec ?+
Le testament notarié (reçu par un notaire), le testament olographe (écrit et signé à la main par le testateur) et le testament devant témoins (signé devant deux témoins). Les trois ont la même valeur lorsqu’ils sont valides.
Le testament notarié doit-il être vérifié au décès ?+
Non. Le testament notarié n’a pas besoin d’être vérifié, car il est reçu et conservé par un notaire. Seuls les testaments olographe et devant témoins doivent être vérifiés par un tribunal ou un notaire après le décès.
Peut-on modifier ou annuler son testament ?+
Oui, en tout temps tant qu’on est apte. On rédige soit un nouveau testament, soit un codicille (un ajout au testament existant), dans l’une des formes reconnues.
Que se passe-t-il si je meurs sans testament ?+
C’est la dévolution légale du Code civil du Québec qui détermine les héritiers : le conjoint marié ou uni civilement et les proches parents. Vos volontés personnelles ne sont pas prises en compte.
Un conjoint de fait hérite-t-il sans testament ?+
Non. Le conjoint de fait n’est pas un héritier légal au Québec. Pour qu’il hérite, il faut le nommer dans un testament. Voir notre fiche Les conjoints de fait.
Qui exécute les volontés d’un testament ?+
Le liquidateur de la succession : il fait l’inventaire, paie les dettes et remet les biens aux héritiers selon les volontés du défunt.
Faut-il un notaire pour faire un testament ?+
Non, ce n’est pas obligatoire : le testament olographe et le testament devant témoins peuvent être faits sans notaire. Mais le testament notarié offre plus de sécurité et évite la vérification au décès.
Sources
- Code civil du Québec, dispositions sur les testaments et la dévolution légale des successions.
- Chambre des notaires du Québec – information sur le testament et le registre des testaments.
- Ministère de la Justice du Québec – le testament et le règlement des successions.
Cette fiche fournit de l’information juridique générale à jour au 15 juin 2026. Elle ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation est unique : pour des conseils adaptés, consultez un notaire ou un avocat.
Besoin d’un avocat pour votre situation ?
Trouvez le bon avocat en droit de la famille au Québec — gratuitement, en toute confidentialité et sans engagement.
Trouver mon avocat